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Mécanisme de capacité : ce qui change à partir de 2026 pour les entreprises

· Comprendre l'énergie

Pour assurer le bon fonctionnement du réseau électrique en France, il existe plusieurs leviers concrets, dont les coûts sont répercutés sur les factures des consommateurs. Nommons par exemple l’acheminement (ou TURPE), l’accise ou encore le mécanisme de capacité.

Le mécanisme de capacité est un dispositif qui sécurise l'approvisionnement électrique. Il rémunère les moyens de production, de stockage et d'effacement de consommation pour qu'ils soient disponibles lors des pics de consommation hivernaux.

Prévu par la loi NOME de 2010, et mis en place depuis 2017, ce mécanisme change de fonctionnement pour les consommations à partir du 1er novembre 2026. Voici ce qu'il faut savoir pour comprendre cette évolution.

A quoi sert le mécanisme de capacité ?

Un réseau à l’équilibre à chaque instant

À l’heure où l’on parle, l'électricité ne se stocke pas en grande quantité. À chaque seconde, la production injectée sur le réseau doit correspondre à la consommation soutirée. Si cet équilibre se rompt, la stabilité du réseau est menacée, jusqu'au risque de black-out, comme l’Espagne et le Portugal ont pu le constater en avril 2025.

Selon l'ENTSO-E, l'association européenne des gestionnaires de réseau, ce black-out a été provoqué par une perte de contrôle de la tension. Il illustre concrètement l'enjeu de l’équilibre : un système électrique doit disposer en permanence des ressources nécessaires pour rester stable.

L'hiver, la période la plus sensible en France

En France, la consommation d'électricité est très sensible à la température, en raison du nombre important de logements et d’entreprises chauffés à l'électricité. La volonté d’électrification des usages à l’échelle nationale ne va qu’amplifier cette situation.

Selon RTE, chaque degré en moins au cœur de l'hiver entraîne un appel de puissance supplémentaire d'environ 2 400 MW sur le réseau. La pointe de consommation est généralement atteinte en fin de journée, vers 19 h. Le record historique date du 8 février 2012, avec 102,1 GW appelés.

Le système électrique doit donc être en capacité d’assurer la production pour ces pics de consommation pendant les journées les plus froides, et pas seulement pour une consommation moyenne.

Rémunérer le fait d’être disponible

Lors de ces pics de consommation, il n’est pas possible de produire de l’électricité par tous les moyens. L’éolien et le solaire notamment, dépendent de conditions naturelles. La mise en route ou l’augmentation de la production d’une centrale nucléaire ne peuvent se faire qu’avec des procédures très cadrées et qui prennent du temps, ce qui est compréhensible pour des raisons de sécurité.

Néanmoins, les moyens capables de répondre à ces pointes sont pluriels : centrales à gaz, barrages STEP, batteries, ou encore sites industriels et tertiaires qui acceptent de réduire leur consommation à la demande. On parle alors d'effacement.

Certains de ces moyens ne fonctionnent que quelques jours par hiver, notamment les centrales à gaz. Leurs revenus sur le marché de l'électricité ne suffisent donc pas à couvrir leurs coûts fixes de maintenance et de personnel à l’année..

Le mécanisme de capacité répond à ce problème. Il rémunère la disponibilité de ces moyens, en contrepartie d'un engagement à être opérationnels pendant les périodes de tension.

Comment le mécanisme de capacité fonctionnait jusqu'ici ?

Depuis 2017, le coût de la capacité est une composante de la facture d'électricité de tous les consommateurs. Pour les contrats entreprises, il figure sur une ligne dédiée, souvent intitulée ‘‘mécanisme de capacité’’ ou ‘‘obligation de capacité’’.

Dans l'ancien mécanisme, son calcul reposait sur une logique décentralisée, en trois étapes :

  1. RTE fixait l'obligation de chaque fournisseur : Chaque hiver, RTE signalait la veille pour le lendemain 10 à 15 jours de forte consommation, appelés jours PP1. L'obligation de capacité d'un fournisseur dépendait de la consommation de ses clients pendant ces jours, ajustée par un coefficient de sécurité fixé par RTE.
  2. Le fournisseur achetait des garanties de capacité : Pour couvrir son obligation, il achetait des garanties auprès des exploitants de capacités certifiées par RTE, notamment lors d'enchères organisées sur la bourse EPEX Spot.
  3. Le fournisseur répercutait ce coût à ses clients : Il calculait pour chaque client l'obligation qu'il générait par rapport à sa consommation sur les périodes de pointes, donnant lieu à un coefficient de capacité par poste horosaisonnier, à multiplier par le prix de la garantie de capacité pour avoir le prix final en € par MWh consommé. Parfois le fournisseur communiquait directement sur ce prix final au titre de l’obligation de capacité, ou l’intégrait dans le coût de l’électron.

Ce fonctionnement avait une conséquence : le coût final dépendait en partie de la stratégie d'achat de chaque fournisseur et du moment où il achetait ses garanties. Le mécanisme reposait sur une logique annuelle calendaire, avec recalcul potentiel au 1er janvier de chaque année.

Pourquoi le mécanisme de capacité évolue-t-il ?

Le premier mécanisme avait été autorisé par la Commission européenne pour la période 2017-2026. Arrivé à échéance, il a été réformé par l'article 19 de la loi de finances pour 2025. Le nouveau dispositif est autorisé pour dix ans, du 1er novembre 2026 au 31 mars 2036.

Cette réforme répond à 3 objectifs concrets :

  • Simplifier et rendre plus lisible : Une concertation menée en 2022 avait pointé une lisibilité imparfaite du dispositif. Un acheteur unique pour tous les fournisseurs rend de fait le système plus lisible.
  • Piloter le besoin à l'échelle nationale : Dans l'ancien système, chaque fournisseur couvrait les besoins de ses propres clients. La centralisation permet d'évaluer et de contractualiser directement le besoin du pays, avec une vision d'ensemble.
  • Préparer l'avenir : Le mécanisme doit accompagner l'électrification des usages et mieux valoriser les ressources flexibles, comme le stockage et l'effacement de consommation.

Comment le coût de la capacité est-il désormais calculé ?

Depuis le 1er avril 2026, le mécanisme est centralisé. RTE – le gestionnaire du réseau haute tension, achète les capacités nécessaires lors d'enchères, puis répartit leur coût entre les fournisseurs. Ces nouvelles règles s'appliquent aux consommations dès le 1er novembre 2026.

RTE peut signaler jusqu'à 22 jours de pointe – les jours où le réseau est le plus sollicité, dits jours PP, entre novembre et mars. Ils sont annoncés la veille pour le lendemain. Les plages horaires retenues correspondent aux pics habituels de consommation : de 7 h à 10 h et de 17 h à 20 h.

Ce qui change entre l'ancien et le nouveau mécanisme

Section image

Ce que cela signifie pour votre facture

Le coût de la capacité reste une composante de votre facture d'électricité. Sa logique est plus directe qu'auparavant : il dépend de la consommation de vos sites pendant les plages de pointe signalées par RTE.

Un site qui consomme beaucoup entre 7 h et 10 h ou entre 17 h et 20 h les jours PP pèsera davantage dans le calcul. À l'inverse, les entreprises capables de décaler certains usages en dehors de ces plages, comme la recharge de véhicules ou certains process, peuvent limiter leur part. Le montant est recalculé chaque année après les enchères de RTE.

C’est désormais votre fournisseur qui s'acquitte de la contribution auprès de RTE. Pour toute question sur la façon dont ce coût est intégré à votre contrat, les équipes Mint Énergie Pro sont à votre disposition.

Quel est le rôle de RTE dans le nouveau mécanisme ?

RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, devient le pivot du dispositif. Dans l'ancien système, il fixait les règles et les obligations, mais les achats étaient réalisés par les fournisseurs. Désormais, il intervient à chaque étape et centralise le processus.

  1. Estimer le besoin national : RTE évalue la quantité de capacités nécessaire pour passer l'hiver en sécurité et soumet son analyse à la CRE.
  2. Certifier les capacités : Il vérifie la contribution que chaque centrale, batterie ou site d'effacement peut apporter lors des pointes.
  3. Organiser les enchères : Il contractualise directement les capacités retenues. Pour l'hiver 2026-2027, une enchère unique s'est tenue le 6 juillet 2026.
  4. Signaler les jours de pointe : Pendant l'hiver, il annonce la veille les jours PP, pendant lesquels les capacités doivent être disponibles.
  5. Répartir et percevoir le financement : Il propose les paramètres de calcul du quotient et perçoit la contribution des fournisseurs.

La CRE, la Commission de Régulation de l'Énergie, supervise l'ensemble. Elle rend des avis sur les règles proposées par RTE et constate chaque année les paramètres de financement. C’est la CRE qui publie chaque année une délibération annonçant le nouveau quotient applicable.

Où trouver plus d'informations sur le mécanisme de capacité ?

RTE publie l'ensemble des informations officielles sur le mécanisme. Pour aller plus loin, vous pouvez consulter directement les ressources suivantes :

  • RTE
  • services-rte.com
  • Le rapport de paramétrage 2026-2027
  • Le Bilan prévisionnel 2025-2035

Trouvez le contrat d'énergie de votre entreprise en demandant un devis gratuit chez Mint Énergie Pro.

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